Les choses à dire et à ne surtout pas dire à une personne qui souffre d'anxiété

24/1/2022
entraide santé mentale
Quentin
·

Tu connais un(e) proche qui souffre d’anxiété et tu ne sais pas comment apporter ton soutien ? Tu as peur d’être maladroit(e) et d’empirer la situation alors tu préfères ne rien dire ? Nous te donnons les clefs pour mieux comprendre l’anxiété, savoir ce qu’il ne faut surtout pas dire à une personne anxieuse et apprendre les comportements à adopter pour apporter ton aide face à une difficulté que tu ne comprends pas toujours bien.

Qu’est ce que l’anxiété ? 

Contrairement au stress qui est une réaction physiologique de notre corps à un événement déclencheur bien précis (le premier jour d'école, un entretien d'embauche ou un discours en public par exemple), l’anxiété est une peur diffuse, une anticipation de menaces potentielles futures dont il est bien souvent difficile de trouver la cause. C’est une réaction à un danger qui est vague, lointain, voire non identifiable.

La plupart du temps, l’anxiété est bénigne, c’est un sentiment qui va et vient, mais qui n'interfère pas avec notre vie quotidienne. Mais l’anxiété peut évoluer vers une pathologie lorsque les symptômes sont répétés, durables et particulièrement handicapants au quotidien. On parle alors de trouble anxieux. L’anxiété est actuellement le trouble psychologique le plus courant, la pandémie actuelle ayant notamment provoqué une brusque augmentation des troubles anxieux. Dans son bulletin de Novembre 2021, l’agence Santé publique France (SPF) notait par exemple que 26 % des français montrait des signes d’un état anxieux, un taux supérieur de douze points au niveau hors crise sanitaire.

Que faut-il absolument éviter de dire à une personne qui souffre d’anxiété  ?

Il n’est pas toujours évident pour une personne qui n’a jamais connu de trouble anxieux de comprendre ce par quoi passe un proche souffrant d’anxiété et même avec les meilleures intentions, il se peut qu’on aggrave une situation par maladresse. Voici un aperçu des phrases à éviter et qui sont malheureusement encore trop courantes.

“Arrête de t'inquiéter pour un rien, calme toi.”

De nombreuses variantes de cette phrase existent comme “Tu te poses trop de questions.”, "Ça ne sert à rien de te faire du souci” ou “Tu réfléchis trop”. Soyons clairs, l’anxiété n’est pas un choix et dire à une personne qui souffre d’anxiété de se calmer ou d'arrêter de s’inquiéter ne pourra qu’aggraver la situation. C'est comme dire à quelqu'un qui est sous la pluie d'arrêter de sentir la pluie. L’anxiété n’a malheureusement pas d’interrupteur marche - arrêt et ce type de réflexion aura tendance à culpabiliser et rendre la personne qui souffre d’anxiété encore plus incomprise ce qui alimentera son anxiété. 

"Il suffit juste de ne pas y penser."

Encore une fois, ce type de réflexion est extrêmement culpabilisant et n’aide pas la personne concernée par le trouble anxieux. Cette phrase laisse penser que l’anxiété n’est pas un trouble en tant que tel et qu’il suffit de penser à autre chose pour aller mieux. Mais l’anxiété est un trouble psychologique qui ne se soigne pas en évitant le sujet mais au contraire en affrontant ses peurs. C’est notamment l’objectif des thérapies comportementales et cognitives (TCC) qui sont recommandées pour surmonter l’anxiété en désensibilisant le cerveau et en corrigeant les schémas de pensée qui augmentent l’inquiétude. 

"Moi aussi, je suis stressé.e."

Ne parle pas de ton anxiété si tu n’en as jamais souffert. Non seulement cette déclaration fait l'amalgame entre stress et anxiété, mais elle tend également à banaliser les sentiments de la personne - ce qui revient à nier les sentiments de la personne anxieuse.

“Tout ça, c’est dans ta tête.”

Cette phrase peut même s’accompagner parfois de “Tu as tout pour être heureux.se”. Oui, l’anxiété est dans la tête mais pas que ! Ce type de phrase pose deux problèmes. Tout d’abord, elle minimise l’impact de l’anxiété laissant penser qu’elle se résume à de simples inquiétudes et négligeant les symptômes physiques et comportementaux qu’elle provoque. Et ensuite, elle laisse penser que l’anxiété peut se soigner sur commande alors qu’une personne souffrant d’anxiété aura souvent du mal à mettre des mots pour expliquer ce qu’elle vit. 

“Tout ça est ridicule, grandis un peu.”

Bien évidemment, ce commentaire ou toute autre phrase invalidante voire stigmatisante comme “Tu es complètement fou/folle” est à proscrire. L’anxiété peut toucher tout le monde, hommes comme femmes, enfants comme adultes et le terme grandir laisse penser que la personne est le produit de son immaturité alors que l’anxiété est avant tout un trouble, une maladie.

D’accord, mais du coup, que faut-il dire ? 

Même si tu ne comprends pas nécessairement ce que vit la personne car tu ne l'as jamais ressenti, il est tout à fait possible d'apporter un soutien précieux pour qu'elle se sente écoutée, rassurée, en sécurité et validée dans ses émotions.

“Je suis là pour te soutenir.”

Lorsqu’un proche souffre d’une montée d’anxiété voire d’une crise de panique, il est important de montrer que tu es présent.e et à l’écoute. Garde ton calme, montre que tu n’as pas peur car céder à la panique ne fera qu’empirer la situation.

“Comment puis-je t’aider ?”

Demande clairement à la personne ce dont elle à besoin. Si elle en a l’habitude, elle saura peut-être dire ce qu’il faut faire pour l’apaiser. Elle se sentira rassurée par ta présence et ton soutien même si elle ne te le dit pas. Il se peut qu’elle ait besoin d’espace et qu’elle te demande de rester seule, respecte dans ce cas son choix.

“Tes émotions sont valides. Je sais que tu souffres mais tu vas aller mieux.”

Il est essentiel de montrer à la personne qui souffre d’anxiété que l’on valide ses émotions et qu’on ne la juge pas. Même si ça semble évident, ce ne l’est pas forcément pour elle ! Il est également utile de montrer que tu es confiant.e et que tu sais qu’elle est capable de surmonter cette anxiété. 

“Tu es en sécurité. Essaie de te concentrer sur ta respiration.”

Lorsque l’anxiété s’accompagne de symptômes physiques aigus comme une difficulté à respirer ou des vertiges, il est d’autant plus important de garder son calme et d’aider la personne à se concentrer sur son corps. Tu peux la rassurer en lui rappelant qu’elle est en sécurité même si elle se sent en danger car ce qu’elle ressent est insupportable. Essaie de l’aider à ralentir sa respiration en respirant avec elle ou en comptant lentement jusqu'à 10.