Podcast Episode 5: Florent, son combat contre la dépression

8/5/2021
entraide santé mentale
Quentin
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Florent est étudiant en première lorsque survient le décès de son père. Suite à ce choc, Florent rentre dans une longue dépression, ne va plus en cours et s’isole petit à petit pour se concentrer son addiction aux jeux-vidéos. Dans ce podcast, Florent nous raconte les hauts et bas de la maladie et comment il a réussi à remonter progressivement la pente.

Récit d’une victoire contre l’épisode dépressif.

Mosaik : Bonjour Florent, peux-tu te présenter ?

Florent: Bonjour, je m'appelle Florent, j'ai 21 ans, et je suis étudiant, et j'ai passé une période de ma vie en dépression.

Mosaik : Est-ce que tu peux nous parler plus en détails de cet épisode dépressif ?

Florent: Il y a eu un élément déclencheur, le décès de mon père puis de multiples raisons comme l'échec scolaire et les multiples déménagements, le tout sur fond d'addiction aux jeux vidéos. J'étais complètement perdu.

Mosaik : Comment te sentais-tu au quotidien ?

Florent: Au quotidien je me sentais terriblement mal, je ne sortais pas ou très peu. Le temps semblait s'écouler extrêmement lentement, le regard des autres était très pénible. J'avais une hygiène de vie déplorable entre mon sommeil, ma nutrition et mon apparence corporelle. Je me sentais comme une 'larve', à subir le lendemain.

Mosaik : Est-ce que tu te souviens de ta pire journée ?

Florent: Je n'ai pas souvenir d'une journée en particulier, mais de plusieurs moments assez marquants. Trahir plusieurs personnes, devoir ensuite faire face aux conséquences d'actes manqués. Par exemple, à ma rentrée en 1ère ES, j'étais arrivé en retard de d'une demi heure, dans un lycée que je ne connaissais pas du tout qui devrait pourtant représenter un nouveau départ. Ça a annoncé la couleur pour la suite.

Mosaik : A l'époque, est ce que tu en as parlé à des gens autour de toi ? Quelle a été leur reaction ?

Florent: Au début pas du tout. J'avais pris l'habitude de cacher mon malheur. Les gens qui se rendaient compte de mon état tombaient souvent des nues. Ou s'ils s'en rendaient compte, c'est moi qui ne le comprenais pas. Pendant la fin de mon lycée, j'ai ainsi souvent été mis à l'écart. Et sinon parmi mes proches, ils comprenaient que je traversais une mauvaise passe, mais pas l'ampleur que ça prenait, ni vraiment dans quel domaine.

Mosaik : Qu'est ce qui t'as permis de relever la pente ?

Florent: Je suis allé voir un psychologue et j'ai débuté un travail d'introspection. Quand j'ai pu mettre des mots sur ce qu'il se passait, c'est là que j'ai commencé à reprendre pied. Une fois avoir fait un premier tri sur ma vie, je me suis rendu compte que ma situation m'ennuyait beaucoup, donc qu'il fallait que je passe à autre chose, en reprenant le chemin des études par exemple.

Mosaik : Comment te sens-tu aujourd'hui ?

Florent: Je ne me suis jamais aussi bien senti depuis de nombreuses années. Mais je sais très bien que je dois maintenir une certaine rigueur pour ne pas replonger dans la dépression surtout avec le contexte de la pandémie. J'évite l'isolement, je sors et j'arrête de mentir. J'essaie d'avoir des petits objectifs et de m'y tenir. Je continue également à être suivi par un psychologue.

Mosaik : Qu'est ce que tu conseillerais aux personnes qui traverserait la même détresse psychologique ?

Florent: Je dirais que la solution vient systématiquement des autres. Ce n'est jamais seul qu'on s'en sort. Je pense qu'il en va de notre condition humaine. Par exemple, prendre des médicaments change sensiblement notre perception des choses, mais ne changera pas le cours de votre existence, donc là il faut aller chercher de l'aide chez une personne réelle.

Mosaik : Qu'est ce que tu dirais si tu pouvais parler au Florent d'il y a trois ans qui traversait une période sombre ?

Florent: Je ne lui dirais rien sinon il comprendrait tout de travers. Sauf peut-être qu'il faut se donner une seconde chance, mais sérieusement cette fois-ci, de s'y tenir et d'arrêter de mentir aux autres.