Dépression saisonnière : je me sens déprimé en hiver

19/7/2022
entraide santé mentale
Clara
·

L’hiver arrive et votre moral baisse en même temps que les températures, vous vous sentez constamment fatigué et vous préférez rester enfermé chez vous plutôt que de sortir voir vos amis. Il s’agit peut-être des symptômes d'une d’une dépression saisonnière.

Souvent, les personnes qui souffrent de dépression saisonnière décrivent une baisse de moral importante à l’arrivée des saisons froides, accompagnée d’une hypersomnie ou encore d'hyperphagie.

Si la dépression saisonnière se déclenche la plupart du temps à l’approche de l’hiver ou de l’automne, il arrive parfois que la pathologie se développe en été ou au printemps. Selon cette étude publiée en 2000, la prévalence de la dépression saisonnière constitue jusqu'à 9,7% selon les populations européennes.

Dans cet article, Mosaik vous aide à reconnaître les symptômes de la dépression saisonnière et à comprendre les causes.

Qu’est-ce que la dépression saisonnière ?

La dépression saisonnière, également appelée trouble affectif saisonnier, est un type de dépression dont la survenue est en lien avec le changement de saisons : elle commence et se termine à une période fixe de l’année, qui varie selon les patients.

Parfois connu sous le nom de dépression hivernale, le trouble affectif saisonnier se déclenche en majorité à l’arrivée des saisons automne et hiver. Elle est en lien avec le manque de lumière naturelle et touche des personnes qui sont très sensibles à la luminosité.

À l’inverse, on entend également parler de dépression estivale. Cette dernière concerne l’apparition de symptômes dépressifs à l’arrivée du printemps et de l’été.

D’un point de vue médical, la dépression saisonnière fait partie des troubles de l’humeur. Il s'agit d'un trouble psychique qui nécessite un traitement médicamenteux ou psychothérapeutique.

En effet, le trouble affectif saisonnier peut s’aggraver et impacter la vie quotidienne, avec des conséquences telles que :

  • un isolement social,
  • des problèmes professionnels ou scolaires,
  • une addiction à des substances néfastes pour la santé,
  • des troubles de la santé mentale,
  • des comportements ou pensées suicidaires.

Quels sont les symptômes de la dépression saisonnière ?

Les principaux symptômes du trouble affectif saisonnier

Peu importe la saison à laquelle le trouble affectif saisonnier se développe, il existe des symptômes récurrents tels que :

  • l’apathie : vous vous sentez triste et déprimé la majeure partie de la journée ;
  • la fatigue : vous êtes constamment fatigué et vous avez la sensation d’être lent dans chacun de vos mouvements ;
  • des troubles du sommeil : la qualité de votre sommeil est amoindrie, vous avez du mal à vous endormir ou bien vous n’avez pas la sensation d’être reposé après une longue nuit de sommeil.
  • un manque d’intérêt même pour vos activités préférées ;
  • des difficultés de concentration.

Les symptômes spécifiques à la dépression hivernale

Avoir constamment envie de dormir

Rester au lit toute la journée, avoir envie de dormir constamment… L’un des symptômes typiques de la dépression hivernale est l’hypersomnie. Il s’agit d’un trouble du sommeil qui entraîne une prolongation du sommeil, ainsi que des épisodes de somnolence et de forte fatigue plus réguliers.

Très vite, l’hypersomnie peut devenir handicapante au quotidien, elle a un impact direct sur l’humeur et entraîne une baisse de la vigilance qui peut s’avérer dangereuse lors de certaines situations.

Avoir envie de manger gras et sucré

Lorsqu’une personne souffre de dépression hivernale, elle aura tendance à vouloir manger plus gras et plus sucré. Dans cette étude publiée en 2018, on a montré des images de burgers, de pizzas ou encore de pâtisseries à des adultes tandis que les chercheurs réalisaient une IRM de leur cerveau. Très vite, on remarque une augmentation de l’activité cérébrale dans la zone du striatum : il s’agit de la zone du cerveau qui régule les impulsions et la motivation.

En effet, l’ingestion de graisses et de sucres provoquent un processus neurochimique qui finit par diffuser de la sérotonine dans le cerveau. Ainsi, manger une nourriture riche permet temporairement de soulager le sentiment de tristesse et de désespoir associés à la dépression. Ce comportement a cependant des effets néfastes à moyens et longs termes.

Les symptômes spécifiques à la dépression estivale

Se sentir davantage anxieux

La dépression estivale se caractérise par une augmentation de la nervosité et de l’anxiété. On explique ce symptôme par la pression sociale associée aux beaux jours : en été, il est bien vu de sortir souvent, de partir en vacances ou encore de rencontrer de nouvelles personnes.

De plus, les fortes chaleurs de l’été riment avec des vêtements plus légers. Pour certaines personnes, cela peut avoir pour conséquence des problèmes d’image corporelle : ne pas se trouver beau / belle, ce qui peut créer de l’anxiété face à certaines situations (plage, piscine…).

Avoir des difficultés d’endormissement

Au-delà des fortes chaleurs qui peuvent parfois rendre compliqué l’endormissement, les journées s’allongent lors des périodes estivales.

À cause de ce rallongement, ainsi qu’à une plus forte luminosité, il arrive que certaines personnes souffrent d’insomnie et voient leurs cycles de sommeil perturbés.

Avoir de moins en moins envie de manger

À l'inverse de la dépression hivernale, la dépression estivale diminue l’appétit des personnes qui en souffrent. À cause de la chaleur, les personnes se désintéressent de la nourriture et ne prennent plus plaisir à manger.

Très souvent, cette perte d’appétit a pour conséquence une perte de poids qui peut s’avérer importante et néfaste pour l’organisme.

3 causes potentielles de la dépression saisonnière

Les causes de la dépression saisonnière restent floues. Il semblerait qu’il s’agisse d’un mélange de plusieurs facteurs qui favoriseraient son apparition.

Cause 1 : le dérèglement de l’horloge circadienne

L’horloge circadienne est un mécanisme de régulation de l’organisme. Il s’agit de l’horloge interne du corps humain : automatique, elle se règle sur un cycle d’environ 24h et réagit aux processus physiologiques tels que l’alimentation et le sommeil.

Lors de la période estivale, les journées s’allongent : ce qui signifie que le soleil se lève plus tôt et se couche plus tard. Dès lors, la lumière est plus présente ce qui peut perturber le cycle circadien de certaines personnes et favoriser les insomnies.

Des insomnies à répétition et un sommeil de mauvaise qualité ont des répercussions directes sur l’humeur, cela peut entraîner chez certaines personnes l’apparition de symptômes dépressifs.

À l’inverse, l’arrivée de l’hiver entraîne le raccourcissement des journées. Par le même processus, l’horloge circadienne peut être perturbée et impacter l’humeur d’une personne.

Cause 2 : la fluctuation du taux de sérotonine

La sérotonine est un neurotransmetteur qui joue un rôle sur la régulation de l’humeur mais également sur l’appétit et le sommeil. La lumière joue un rôle très important dans la production de sérotonine, c’est pourquoi il n’est pas rare de développer des symptômes dépressifs en hiver, lorsque les journées se raccourcissent.

Cause 3 : le taux de mélatonine

Le changement de mélatonine peut perturber l’équilibre du taux de mélatonine du corps. La mélatonine est souvent appelée “hormone du sommeil”, elle favorise l’endormissement et permet d’améliorer la qualité du sommeil. Le taux de mélatonine se régule grâce à l’horloge circadienne qui elle-même se régule essentiellement grâce à la lumière extérieure.

Lorsque les jours raccourcissent, la lumière diminue ce qui influe le taux de mélatonine. Souvent, chez les personnes souffrant d’un trouble affectif saisonnier, le corps produit des niveaux plus élevés que la normale : cela entraîne une envie de dormir plus importante.

Quels facteurs favorisent l’apparition des dépressions saisonnières ?

Bien que la dépression saisonnière puisse toucher tout le monde, il existe quelques facteurs qui pourraient favoriser le développement de trouble affectif saisonnier.

Avoir des antécédents familiaux dépressifs

Le facteur génétique et héréditaire de la dépression saisonnière est une piste envisagée par les chercheurs. En effet, d’après cette étude publiée en 2018, il semblerait qu’un certain gène puisse favoriser le développement d’un trouble affectif saisonnier.

De plus, si un membre proche de votre famille a été sujet à des troubles dépressifs, la probabilité de développer une dépression saisonnière augmente.

Avoir un trouble bipolaire ou un trouble dépressif masquée

La dépression saisonnière peut masquer un autre trouble de l'humeur. En effet, qu’il s’agisse d’un trouble bipolaire ou d’une dépression masquée, il n’est pas rare que les symptômes soient exacerbés selon les périodes et les saisons.

Ainsi, vos symptômes peuvent être par exemple l’expression d’un trouble bipolaire. Nous vous recommandons de consulter un médecin pour qu’il puisse mettre un diagnostic sur ce que vous vivez.

Avoir un faible taux de vitamine D

La vitamine D a un rôle essentiel pour le maintien de la santé des os et des muscles mais également pour le renforcement de notre système immunitaire. Ainsi, une carence en vitamine D peut entraîner des symptômes tels que :

  • la fatigue,
  • une humeur dépressive,
  • des crampes musculaires.

Une partie de la vitamine D est produite par photosynthèse, c’est-à-dire grâce au contact de la peau avec la lumière naturelle.

Ainsi moins de lumière du soleil diminue la production de vitamine D ce qui peut avoir un impact direct sur le développement d’une dépression saisonnière. Par ailleurs, vivre quotidiennement dans des zones ensoleillées diminuerait le risque de développement d’une dépression hivernale.

Quels sont les traitements pour faire face à la dépression saisonnière ?

Les traitements communs aux troubles dépressifs

Pour lutter contre la dépression saisonnière, vous pouvez avoir recours aux mêmes traitements que pour une dépression habituelle, c’est-à-dire les traitements médicamenteux et les psychothérapies. Dans un second temps, et lorsque la maladie est contrôlée, il est possible de tester des traitements naturels.

Selon la gravité de vos symptômes, votre médecin vous guidera vers une solution adaptée.

Les cures de compléments alimentaires : des effets à prouver

Il n'y a pas encore d'études approfondies démontrant l'impact de prise de vitamines dans le soulagement de la dépression hivernale.

Par exemple, des études ont montré que les personnes développant une dépression hivernale ont un niveau bas de vitamine D, notamment en raison d'une exposition plus faible au soleil. Cependant, il n'a pas été démontré de manière certaine, par exemple dans cette étude, que la prise de compléments alimentaires contenant de la vitamine D améliorait l'état des personnes souffrant de dépression saisonnière.

De même, des études avec résultats non conluants qui demandent approfondissement n'ont pas démontré d'impact pour la mélatonine ou pour le millepertuis. Ces études impliquaient des populations à faible volume.

Toutefois, si vous souhaitez tout de même tester, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin de vous assurer qu'il n'y ait pas d'interaction avec vos traitements actuels..

La luminothérapie

Qu’est-ce que la luminothérapie ?

La luminothérapie, également connue sous le nom de photothérapie, est un traitement qui consiste à s’exposer à une source de lumière artificielle. Elle est essentiellement préconisée pour le traitement des troubles dépressifs saisonniers.

En effet, nous avons constaté précédemment que la dépression hivernale était la conséquence d’une baisse de luminosité. Ainsi, la luminothérapie compense le manque d’exposition à la lumière du soleil.

Quels sont les effets de la luminothérapie sur la dépression saisonnière ?

Selon cette étude publiée en 2019, la luminothérapie pourrait soulager les symptômes de la dépression saisonnière car :

  • elle permet de régler à nouveau votre cycle circadien sur un format de 24h,
  • elle rééquilibre l’activation des circuits de sérotonine dans le cerveau : en effet, les niveaux de sérotonine diminuent lorsque la luminosité est plus faible ce qui a un impact direct sur l’humeur des personnes.
  • elle régule la production de mélatonine : cela permet de retrouver des bons cycles de sommeil et de freiner les troubles du sommeil.  

Comment se déroule une séance de luminothérapie ?

Lors d’une séance de luminothérapie, vous vous asseyez près d’une boîte à lumière ou une lampe spécifique qui émet une lumière vive imitant la lumière naturelle du soleil. Une intensité de 10000 Lux avec une durée d'exposition de 30 min ont montré leur efficacité selon certaines études.

Selon la puissance de la lampe, la séance est plus ou moins longue. En général, elle dure entre 30 minutes et une heure. Généralement, les patients ressentent les bienfaits après 2 semaines de traitement.

Il est également possible d’investir dans sa propre lampe de luminothérapie : il existe de multiples modèles avec des gammes de prix très variées. Afin de ne pas acheter un produit de mauvaise qualité, nous vous recommandons de demander conseil à votre thérapeute.

Quelles sont les contre-indications à la luminothérapie ?

La luminothérapie n’est pas recommandée pour tout le monde. Il existe certaines pathologies qui pourraient s’aggraver à cause de l’exposition à la lumière, notamment :

  • des yeux très sensibles à la lumière,
  • la prise de médicaments spécifiques qui augmentent la sensibilité à la lumière.

De plus, avant d’entamer une luminothérapie, il est recommandé de demander l’avis d’un médecin, notamment si vous faites partie des personnes avec :

  • une peau sensible,
  • une pathologie oculaires,
  • des antécédents de cancer de la peau.

Quels sont les effets secondaires de la luminothérapie ?

Il n’est pas rare que les patients de luminothérapie ressentent des effets secondaires. Très souvent, il s’agit de symptômes bénins et qui disparaissent rapidement au fur et à mesure du traitement. Parmi ces effets indésirables, on retrouve :

  • des maux de tête,
  • une fatigue oculaire,
  • des troubles du sommeil,
  • de la fatigue,
  • une vision floue,
  • de l’agitation.

Conclusion

La dépression saisonnière est un trouble dépressif qui se développe majoritairement pendant la saison hivernale bien qu’il arrive que certaines personnes développent des symptômes pathologiques au début de l’été. Il se caractérise essentiellement par des symptômes similaires à ceux de la dépression nerveuse classique.

S’il est possible de traiter cette pathologie grâce à des traitements habituels (médicaments, psychothérapie), la luminothérapie a prouvé son efficacité dans la lutte contre la dépression saisonnière, notamment hivernale.

La dépression saisonnière peut être passagère, toutefois il est primordial de vérifier qu’il ne s’agisse pas des premiers symptômes d’un trouble psychique plus important. Nous vous recommandons alors de consulter l’avis d’un médecin dès lors que vos symptômes perdurent plus de 2 semaines consécutives.