Comment gérer ses émotions

17/2/2022
entraide santé mentale
Amandine
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Dans notre société de l’hyper connexion où tout file à cent à l’heure, il est parfois difficile de trouver un instant de répit pour prêter attention à ce qu’il se passe en notre for intérieur. Or, il s’y passe et ressent de très nombreuses choses, notamment des émotions, que nous passons parfois sous le tapis afin d’essayer de continuer notre petit bonhomme de chemin.

Mais finalement, qu’est-ce qu’une émotion ? Quel est son rôle ? Pourquoi prendre le temps de l’écouter ?

L’objectif de cet article est de réaliser ensemble un petit tour d’horizon autour de la thématique des émotions afin de les comprendre davantage, et de peut-être leur accorder un peu plus de place pour les rencontrer sereinement au quotidien. N'oublions pas que le rôle des pensées et des émotions sont importantes à comprendre dans le cadre de troubles psychologiques comme les crises d'angoisse, la dépression, l'agoraphobie ou le trouble anxieux généralisé.

Définition d'une émotion

Si vous recherchez la définition du mot « émotion » dans un dictionnaire, vous apprendrez que « les émotions sont des réactions spontanées à une situation donnée » et qu’elles peuvent aussi bien provoquer des manifestations physiques (pâleur, rougissement, accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, transpiration, …) que des manifestations psychologiques (pensées négatives ou positives, changement d’humeur, …). Dans un cas comme dans l’autre, ces manifestations sont de courtes durées.

D’autres dictionnaires, tels que le Larousse, précisent qu’il s’agit d’un « trouble subit ». C’est sur ce dernier point que nous souhaitons prendre le temps de nous arrêter. En effet, l’idée de « subir » est connotée très négativement dans notre culture, renvoyant au fait d’« être l’objet sur lequel s’exerce une action, un pouvoir senti comme négatif », de « ressentir l’effet pénible de ». Or, il nous semble ici nécessaire de prendre garde à ne pas tomber dans le piège qui consisterait à penser que les émotions sont quelque chose de négatif, qu’il faudrait donc essayer de contenir et étouffer puisque nous ne pouvons finalement pas les contrôler.

Le passage par l’étymologie du mot « émotion » nous offre un nouvel éclairage de compréhension. « Emotion » est dérivé de « émouvoir », formé d’après l’ancien et le moyen français « motion » qui signifie « mouvement » lui-même emprunté du latin « motio » qui désigne l’« action de mouvoir ».

Ainsi, nos émotions ont pour rôle de nous mettre en mouvement.

Les émotions sont déclenchées par un stimulus, et engendrent souvent une action de notre part

Pour résumer, nos émotions sont une réaction physiologique instinctive qui survient lorsque nos sens perçoivent une modification de la situation dans laquelle nous nous trouvions précédemment. Cette modification est analysée par notre cerveau en fonction de nos souvenirs, pensées, besoins et croyances, ce qui va lui donner une teinte (positive ou négative) et créer une émotion associée. C’est elle qui informe finalement notre corps qu’il doit se préparer à passer à l’action pour s’adapter à cette nouvelle situation.

Six émotions universelles

Il existe de nombreuses théories autour de la question des émotions. Dans le cadre de notre cheminement, nous avons souhaité vous parler de celle de Paul Ekman, un psychologue américain. Alors qu’il réalisait des recherches transculturelles en Papouasie-Nouvelle-Guinée, il émet l’hypothèse de l’existence d’émotions qui seraient universellement comprises et reconnues par les êtres humains, indépendamment de leur origine, de leur culture ou de leur âge. En 1972, il définit ainsi une première liste comprenant six émotions : la tristesse, la joie, la colère, la peur, le dégoût et la surprise. Pour les plus curieux d’entre vous : cette liste a par la suite été élargie à 16 émotions, et a servi de support à la réflexion de Robert Plutchik qui a développé « La roue des émotions » en 1980.

Nous vous proposons ici de prendre le temps d’approfondir quatre d’entre elles, qui sont à l’origine de beaucoup d’autres, en considérant comme nous vous le proposions tout à l’heure, qu’elles sont porteuses d’un mouvement.

La tristesse

La tristesse est un peu comme un ciel gris au mois d’août, la plupart du temps, nous nous en passerions bien. Cependant, elle possède une réelle utilité. C’est elle qui active le frein de notre organisme (aussi appelé système parasympathique). A ce moment-là, notre énergie diminue, notre métabolisme ralentit et notre corps se replie sur lui-même.

En réalisant ce mouvement de lâcher prise vers le bas, la tristesse nous aide à revenir vers nous-même, à nous recentrer. En ralentissant notre organisme, elle nous offre le temps d’intégrer un changement qui peut être douloureux comme une perte ou une déception. Souvent, la tristesse s’accompagne de larmes qui nous permettent d’évacuer les tensions ainsi que les hormones du stress.

Elle est associée à un besoin d’action significative.

La joie

Qu’il serait agréable que la joie soit notre état émotionnel de base ! Toutefois, ce n’est pas le cas. La joie survient lorsque nos besoins et valeurs sont entendus, comblés et respectés. Dans ces moments-là, nous sommes ouverts au monde et à la communication. La joie nous détend tout en nous offrant une bouffée d’énergie qui vient porter des élans de partage et de célébration, nous permet d’aller de l’avant. Elle est un important carburant pour notre motivation.

Dans notre organisme, il se produit une décharge de dopamine (hormone du plaisir et de la récompense) et d’endorphine (hormone contre la douleur).

Elle est associée à un besoin de partage.

La colère

Si la colère peut faire peur lorsqu’elle est trop bruyante ou trop froide, cette dernière peut être salutaire si elle n’est pas chronique. Ici, l’accélérateur de notre organisme (ou système nerveux sympathique) se met en branle. Notre cœur et notre respiration s’accélèrent, nous produisons une grande quantité d’adrénaline (hormone du stress), le sang afflux dans nos mains.

La colère nous prépare à l’action en nous donnant de l’énergie et de la puissance afin d’agir pour modifier une situation qui n’est pas en accord avec nos valeurs et besoins. Elle nous permet de poser nos limites personnelles, de défendre notre espace vital et de dénoncer les injustices que nous rencontrons.

Elle est associée à un besoin de reconnaissance et de fixation de limites.

La peur

Si elle peut parfois nous paralyser, la peur, comme la colère, pousse notre corps à produire une grosse décharge d’adrénaline (hormone du stress), à accélérer nos rythmes cardiaque et respiratoire, à faire affluer le sang dans nos jambes pour nous préparer à la fuite. Nos pupilles se dilatent également, et l’ensemble de nos sens est aux aguets.

La peur augmente nos capacités physiques et perceptives ainsi que notre concentration et nos ressources d’énergie afin de protéger notre intégrité physique et psychique. Elle nous permet de nous mettre à l’abri.

Elle est associée à un besoin de protection et de sécurité.

Prêter l’oreille à nos émotions

Nous terminons ce tour d’horizon en soulignant l’importance de tendre l’oreille à nos émotions. En effet, même si elles peuvent parfois être perçues comme gênantes, elles sont toujours à notre service en se faisant les messagères de nos besoins et de nos valeurs, nous indiquant s’ils sont pris en compte ou s’il est nécessaire de réaliser de nouvelles actions pour améliorer notre bien-être.

Aussi, vous pouvez tenir un journal pour mieux comprendre vos émotions : mettre des mots sur ses sentiments permet de mieux les interpréter et ainsi mieux les contrôler. 

Nous pouvons donc dire que nos émotions nous offrent l’opportunité de nous réaligner avec nos élans de vie lorsqu’elles sont entendues, aussi bien par nous-même que par autrui.