Comment reconnaître l’agoraphobie et la soigner ?

6/10/2021
entraide santé mentale
Amélie, psychologue clinicienne
·

Qu'est-ce qui t'amène parmi nous ?

Pour savoir si Mosaik peut t'aider, sélectionne ta problématique principale :

L’agoraphobie est un trouble anxieux qui peut se révéler particulièrement handicapant lorsqu’elle n’est pas traitée. Comme nous allons le voir dans cet article, elle ne se caractérise pas uniquement par une peur de la foule comme on pourrait le croire. Quelles sont les manifestations de l’agoraphobie ? Existent-ils des facteurs favorisant son développement ? Et quels sont les traitements pour surmonter cette phobie ? Nous allons évoquer ces questions et casser enfin les idées reçues à son sujet !

Qu’est ce que l’agoraphobie?

Définition de l’agoraphobie

Commençons par casser les idées reçues, l’agoraphobie n’est pas (seulement) la peur des espaces ouverts ou la peur de la foule. Il est vrai que l’origine grecque peut créer de la confusion: Agora signifie la place publique où se réunissent les citoyens et Phobie désigne la peur instinctive. Mais du coup c’est quoi exactement l’agoraphobie?

L’agoraphobie est un type de troubles anxieux qui se caractérise par une peur ou une anxiété face à l’éventualité de se trouver dans des situations ou des endroits sans échappatoire facile ou sans possibilité d’obtenir de l’aide, en cas de crise d’angoisse aiguë. Une définition plus claire pourrait être la peur de quitter nos espaces de sécurité, c’est à dire les endroits où nous sentons que nous avons le contrôle de nos émotions par exemple son domicile, son lieu de travail ou encore des lieux que nous connaissons bien, une route que nous empruntons souvent, la maison d’un proche. 

Très concrètement, les agoraphobes craignent d’être submergés par leur anxiété ou leurs angoisses lorsqu’ils quittent ces espaces de sécurité ce qui aura pour conséquences de leur faire perdre leur contrôle et provoquer potentiellement une crise de panique. L'agoraphobie, c'est donc la peur des situations qui « prédisent » de l’anxiété, de la panique ou d’autres symptômes incapacitants ou embarrassants. La peur est un phénomène naturel, une réaction physiologique immédiate au danger qui permet de l’affronter mais dans le cas de l’agoraphobie, la peur apparaît de manière excessive dans des situations qui ne devraient pas la susciter.

Manifestations et symptômes de l’agoraphobie 

L’agoraphobie provoque généralement une souffrance importante et peut être particulièrement handicapante dans la vie de tous les jours. La personne souffrant d’agoraphobie modifie souvent son comportement afin d’éviter la situation ou a besoin de quelqu’un ou pour l’aider à la supporter.

Selon le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), il est possible d’envisager le diagnostic d’une agoraphobie quand la peur, l’anxiété, ou l’évitement durent 6 mois ou plus et impliquent au moins deux des situations suivantes :

  • Prendre les transports en commun
  • Se trouver dans un espace ouvert, par exemple un parking ou un marché
  • Se trouver dans un espace clos, par exemple un magasin ou un théâtre
  • Faire la queue ou être dans une foule
  • Être seul hors de chez soi

La peur doit être suscitée par le fait que s’échapper ou obtenir de l’aide pourrait s’avérer impossible si la personne paniquait ou perdait ses moyens. Elle s’accompagne souvent d’un ou plusieurs symptômes :

  • Des nausées
  • Une difficulté à respirer
  • De la tachycardie
  • Des tremblements
  • Des vomissements
  • Une sensation de vertige ou de malaise
  • Une fatigue intense

Les symptômes sont presque toujours déclenchés par les mêmes situations et sont disproportionnés par rapport au danger réel. 

Attention cependant, cet article n’est pas suffisant pour établir un diagnostic d’agoraphobie et nous te conseillons vivement d’en parler avec un professionnel de santé, médecin, psychologue ou psychiatre si tu penses souffrir d’agoraphobie. 

Tu peux également consulter notre article sur les symptômes des autres formes de troubles anxieux afin de mieux comprendre ce qui les distingue de l'agoraphobie.

Qu'est-ce qui t'amène parmi nous ?

Pour savoir si Mosaik peut t'aider, sélectionne ta problématique principale :

Quels facteurs favorisent le développement de l’agoraphobie ?

L’agoraphobie peut commencer dans l’enfance, mais débute le plus souvent à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte – généralement avant l’âge de 35 ans. Il n’y a pas de cause unique et il est souvent difficile de l’expliquer mais certains facteurs favorisent son développement.

Le trouble panique

L’agoraphobie est souvent associée à un trouble panique voire à d’autres difficultés psychologiques comme la dépression, l’anxiété généralisée ou l’anxiété sociale. Environ 30 à 50 % des personnes agoraphobes souffrent également de trouble panique. L'agoraphobie se manifeste en général peu après le début des attaques de panique, le plus souvent dans la première année. L’agoraphobie est alors une réponse aux crises de panique avec une peur excessive et l’évitement.

Un traumatisme

L’agoraphobie peut être également une manière spécifique de traiter un traumatisme. Les traumatismes peuvent être divers, des événements de la vie, tels que des abus, la mort d’un parent ou une agression.

Les autres facteurs de développement

D’autres causes peuvent expliquer l’agoraphobie comme les facteurs génétiques ou les facteurs environnementaux, un entourage surprotecteur ou l'éducation par exemple. Les facteurs psychologiques rentrent également souvent en ligne de compte: la tendance à la dépendance notamment ou un tempérament anxieux ou nerveux.

Nous avons d'ailleurs écrit un article dédié pour en apprendre plus sur les causes et facteurs possibles des troubles anxieux.

Comment surmonter cette phobie ? 

L’agoraphobie peut nuire de manière significative dans la vie quotidienne mais il est important de comprendre que ce n’est pas une fatalité. L’agoraphobe souffre ainsi lorsqu’il s’expose à la situation qui déclenche la peur ou tout simplement de l’évitement systématique qui restreint sa vie sociale. Une personne agoraphobe va souvent tout mettre en oeuvre pour ne pas se rendre sur des lieux qui l'angoissent. 

Comme de nombreuses phobies, l’agoraphobie peut être source de honte et difficile à accepter, il est donc primordial de prendre conscience de ces symptômes et d’en parler !

Il est également important de comprendre que certains facteurs viennent également favoriser le maintien et nourrir l’agoraphobie:

  • Être dans l’évitement systématique
  • Ruminer ses croyances irréalistes
  • Adopter des comportements sécurisants (rester près des sorties..)
  • Mauvaise hygiène de vie (manque de sommeil, alcool, rythme de vie..)
  • Rechercher une cause

Si tu souffres d’agoraphobie, l’aide d’un professionnel de santé tel qu’un psychiatre, un médecin généraliste ou un psychologue est donc fortement recommandé pour débuter un traitement comme une psychothérapie qui va te permettre de soulager ta souffrance et surmonter progressivement tes difficultés. Plusieurs options existent mais l’essentiel est que tu trouves la thérapie et le professionnel de santé qui te correspond le mieux et avec lequel tu es le plus en confiance. 

La thérapie d’exposition

La thérapie d’exposition aide plus de 90 % des personnes qui la pratiquent assidûment. L’objectif est de pouvoir se confronter à ces craintes dans une zone de confort et de maîtrise tout en étant accompagné et guidé. Tu vas ainsi t’exposer progressivement à petites doses, dans un cadre bien défini et avec des objectifs réalistes que tu vas fixer avec ton thérapeute. 

Les thérapies comportementales et cognitives (TCC)

Les TCC sont également souvent privilégiés et auront pour objectif de désamorcer le processus de tes pensées en comprenant qu’elles sont à l’origine de tout :

  • Reconnaître quand ta pensée est déformée
  • Contrôler ta pensée déformée
  • Modifier ton comportement en conséquence

Les groupes d’entraide

Les groupes d’entraide encadrés par un psychologue sont particulièrement efficaces face à des troubles anxieux tels que l’agoraphobie et le trouble panique. Ils ​​permettent notamment de casser l’isolement, confronter tes problèmes aux autres et amène à une meilleure compréhension de la souffrance et une prise de distance par rapport à tes difficultés.

Les traitements médicamenteux

La prise de médicaments peut également être un traitement envisagé en cas d’agoraphobie modérée ou sévère notamment lorsqu’elle est associée à un trouble panique afin de t’aider à calmer ton anxiété. Ce n’est pas pour autant l’option privilégiée car il est essentiel d’apprendre à surmonter sa phobie sans médicament. 

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre article entièrement dédié au traitement de l'agoraphobie où nous allons plus en détails dans les stratégies possibles face à ce trouble.

En résumé, l’agoraphobie est bien plus que la peur de la foule, c’est une peur pathologique de se trouver dans un endroit non familier ou un lieu dans lequel il serait difficile de s’échapper ou de trouver secours. Certains facteurs génétiques, psychologiques ou environnementaux favorisent son développement mais il n’y a pas de cause unique à ce trouble. Pour autant, certaines solutions existent pour mieux vivre avec cette phobie et petit à petit apprendre à casser le piège de l’évitement et les souffrances associées.

Qu'est-ce qui t'amène parmi nous ?

Pour savoir si Mosaik peut t'aider, sélectionne ta problématique principale :