Je me sens tout le temps fatigué, suis-je en dépression ?

4/7/2022
entraide santé mentale
Clara
·

Avoir constamment envie de dormir, rester au lit toute la journée et pourtant se sentir encore fatigué : il s’agit là d’une des conséquences de la dépression.

En effet, parmi les nombreux effets que la dépression peut provoquer, la fatigue est l’un des plus fréquents. Selon cette étude publiée en 2011, 90% des patients souffrant d’une dépression expliquaient ressentir une fatigue chronique.

Pourtant, il arrive parfois que cette envie de dormir tout le temps ne soit pas liée à la dépression, car il existe d’autres causes qui déclenchent un manque d’énergie intense, comme par exemple le diabète ou encore une mauvaise hygiène de vie.

De plus, un sommeil de mauvaise qualité de manière récurrente, comme des cauchemars ou des insomnies, peut conduire à une fatigue sévère. Ces symptômes peuvent être diagnostiqués comme étant pathologiques, il est donc primordial de comprendre leur origine en consultant un professionnel de santé.

À long terme, une fatigue très importante peut devenir handicapante au quotidien : elle peut vous isoler de votre cercle d’amis, mais également vous pénaliser dans votre vie professionnelle. Ainsi, il est très important de comprendre la nature de votre fatigue pour trouver les solutions les plus adaptées.

Comment distinguer la fatigue de la dépression ?

Qu’est-ce que la fatigue et qu’est-ce que la dépression ?

La dépression est une maladie psychique. Cet état pathologique se traduit par plusieurs symptômes, notamment :

  • une tristesse profonde,
  • une perte de motivation pour les activités professionnelles, familiales et sociales,
  • un sentiment d’échec,
  • une diminution de l'estime de soi et de la confiance en soi,
  • des pensées suicidaires,
  • des troubles du sommeil : trop ou pas assez de sommeil,
  • une fatigue chronique.

Ainsi, le trouble dépressif majeur a un impact important sur l’ensemble de votre vie : sur votre façon de vous comporter, sur vos sentiments et sur vos pensées. Tous ces effets ont des conséquences physiques et psychologiques sur le long terme.

Il est difficile de déterminer les causes exactes d’une dépression, en réalité elle résulte davantage d’une combinaison d’événements et de facteurs personnels. Dès lors, l’état dépressif peut être la conséquence d’un stress professionnel trop élevé, d’une relation toxiques ou encore d’un isolement social chronique.

Très vite, les personnes dépressives se retrouvent épuisées psychologiquement et physiquement : chaque tâche devient une corvée. Ainsi, cela explique le lien entre la dépression et la fatigue.

La fatigue se définit par un état physiologique consécutif à un effort prolongé, qu’il s’agisse d’un travail physique ou intellectuel. Il devient alors difficile de poursuivre cette activité. Elle se traduit généralement par un manque d’énergie, une somnolence accrue et une envie de dormir de plus en plus présente.

Comme évoqué dans l’introduction, la fatigue chronique n’est pas forcément liée à une dépression.

D’autres explications sont plausibles, notamment :

  • une mauvaise hygiène de vie : mauvaise alimentation, sommeil irrégulier, pas ou peu d'activité physique,
  • le diabète,
  • un stress chronique au travail ou dans le cercle familial,
  • l’abus de drogues ou d’alcool.

Ainsi, il est primordial de savoir reconnaître les causes de votre fatigue.

Comment reconnaître une fatigue dépressive ?

Très souvent, le syndrome de fatigue chronique est diagnostiqué à tort comme une dépression, il est donc important de se poser les bonnes questions pour savoir si oui ou non, votre fatigue est liée à un trouble dépressif.

La fatigue liée à la dépression connaît quelques spécificités. Elle se traduit au quotidien et impacte l’ensemble des facettes de la vie d’une personne.

La fatigue dépressive est physique

Pour une personne dépressive, les tâches quotidiennes deviennent des corvées et il n’est pas rare qu’elles se laissent aller et négligent leur propre hygiène : elles ne sortent plus de leur lit, ne font plus l’effort de s’habiller ni même parfois de se laver dans certains cas aggravés.

Les personnes dépressives décrivent une fatigue intense qui leur donne la sensation d’avoir un corps lourd, lent et parfois même courbaturé. C'est ce qu'on appelle le ralentissement psychomoteur.

La fatigue dépressive est cognitive

Chez les personnes dépressives, on observe des troubles cognitifs. Il s’agit d’un ensemble de symptômes liés aux processus psychiques. Par exemple, les troubles cognitifs incluent des pertes de mémoire, des difficultés de concentration ou encore des troubles de l’humeur.

Ainsi, la fatigue dépressive est souvent associée à ces symptômes cognitifs. En effet, il s’agit d’un cercle vicieux où la dépression conduit à ces troubles cognitifs qui nécessitent beaucoup d’énergie pour être combattus, ce qui entraîne une fatigue chronique. Dans l’autre sens, la fatigue chronique liée à la dépression favorise l’apparition de troubles cognitifs, comme par exemple la difficulté de concentration.

La fatigue dépressive est émotionnelle

Lorsqu’une personne souffre de dépression, la gestion de ses émotions est plus difficile. En effet, l’instabilité émotionnelle est caractéristiques des troubles de la santé mentale : elle se traduit par des changements d’humeurs soudains et récurrents.

Chez les personnes dépressives, cette instabilité émotionnelle est très souvent liée à la fatigue chronique, elle vous empêche de créer de vraies relations avec de nouvelles personnes, vous devenez irritable et supportez difficilement les remarques de vos proches.

Quand est-ce que la fatigue n’est pas liée à une dépression ?

Si la fatigue peut s’expliquer par une dépression, il est également possible qu’elle soit causée par d’autres pathologies ou d’autres facteurs.

Pour déterminer les raisons de votre fatigue, il est important d’analyser les symptômes parallèles à la fatigue. En effet, chez les personnes qui souffrent du syndrome de fatigue chronique, on remarque d’autres symptômes physiques qui ne sont pas liés à ceux de la dépression :

  • des douleurs articulaires,
  • des douleurs musculaires,
  • des maux de gorge,
  • une sensibilité accrue au niveau des ganglions lymphatiques.

Ainsi, pour diagnostiquer une dépression, il ne s’agit pas simplement de se baser sur votre niveau de fatigue. Nous vous recommandons alors de consulter votre médecin traitant qui saura écarter tous les troubles pouvant causer des symptômes similaires à ceux d’une dépression avant de vous donner un diagnostic.

Pourquoi la dépression fatigue ?

Lorsque vous êtes diagnostiqué dépressif, il est très courant que l’un des symptômes les plus présents soit la fatigue chronique. Alors vous aimeriez comprendre pourquoi la dépression vous fait dormir et pourquoi elle vous fatigue au quotidien.

Le lien entre la neurobiologie de la dépression et la fatigue

Selon des études récentes, il semblerait que la dépression entrainerait un déréglement de la transmission d’information d’un neurone à un autre. Cette transmission d’information est possible grâce à la diffusion de neurotransmetteurs, chacun ayant des responsabilités très spécifiques. Les neurotransmetteurs ont pour rôle de distribuer une information qui va permettre certaines réactions et régulations.

Chez les personnes dépressives, il y aurait un dérèglement de la production de certains neurotransmetteurs :

  • la sérotonine : elle a pour fonction l’équilibre du sommeil, de l’appétit et de l’humeur,
  • la noradrénaline : elle agit sur l’attention et le sommeil,
  • la dopamine : également appelée “hormone du bonheur”, elle agit sur l’humeur et la motivation.

Ces 3 types de neurotransmetteurs ont un impact direct sur la qualité du sommeil et donc la fatigue en général. Par exemple, un déficit en dopamine peut entraîner des réveils difficiles et une sensation de fatigue permanente.

Pour ce qui est de la noradrénaline et de la sérotonine, il s’agit de neurotransmetteurs qui agissent directement sur le sommeil, ce qui explique pourquoi leur dérèglement peut avoir un lien avec la fatigue au quotidien.

La dépression a un impact direct sur le sommeil

Selon cette étude publiée en 2014, 70% des personnes dépressives expliquent également souffrir de troubles du sommeil. Il s’agit de plusieurs phénomènes qui viennent perturber la qualité ou la durée du sommeil, très souvent ils ont des conséquences sur la santé, dont la fatigue chronique.

La dépression a également un impact sur le rythme circadien et le processus homéostatique. Il s’agit des 2 processus principaux sur lesquels le sommeil repose.

Le processus circadien est responsable du rythme éveil-sommeil. Sur des cycles de 24h, il commande les moments de propension à l’éveil. Il est différent chez chaque individu et reste relativement stable tout au long de la vie.

Quant au processus homéostatique, il augmente progressivement lorsqu’une personne va se réveiller et diminue au moment du coucher.

Ensemble, ces 2 processus interagissent pour permettre des épisodes de sommeil d’environ 8 heures.

Selon cette étude publiée en 2008, la dépression entraîne des anomalies dans le bon déroulement de ces processus. En effet, les personnes dépressives sont souvent envahies par leurs pensées, ce qui va empêcher les pulsions homéostatiques de diminuer, le sommeil n’est donc pas favorisé.

De plus, sans que l’on sache s’il s’agit d’une conséquence ou d’une cause de la dépression, le cycle circadien est impacté et les rythmes de sommeil sont perturbés : très souvent, les personnes dépressives ont davantage envie de dormir et se sentent plus souvent fatiguées.

La dépression altère notre quotidien ce qui favorise la fatigue

La dépression affecte notre alimentation

L’une des premières raisons de la fatigue au quotidien est le régime alimentaire. Nombreuses sont les personnes dépressives qui remarquent des changements d’appétit.

Très souvent, de mauvaises habitudes alimentaires se mettent en place et certaines favorisent particulièrement le développement d’une fatigue chronique, par exemple :

  • sauter des repas : si votre corps ne reçoit pas les nutriments dont il a besoin, cela aura certaines conséquences, comme un ralentissement du métabolisme ou encore une baisse d’énergie. Tout cela favorise la fatigue chronique.
  • manger davantage d’aliments sucrés ou transformés : le sucre se consomme très rapidement dans votre corps, et bien qu’il permette de retrouver rapidement de l’énergie, cet effet reste très bref et entraîne un contre-coup important qui se traduit par une baisse d’énergie soudaine.

La dépression ne favorise pas la pratique d’exercice physique

Les bienfaits de l’exercice physique sont très nombreux, l’un d’entre eux est qu’il est une grande source d’énergie. Mais très souvent, les personnes dépressives perdent leur motivation et cela rend plus difficile la pratique régulière d’un sport.

Ce manque de motivation chez les personnes dépressives s'explique souvent par une perte d’estime de soi et un pessimisme accru. D’après cet article de recherche publié en 2013, ce sont ces attitudes symptomatiques de la maladie qui sont la cause de l’arrêt de toute activité sportive.

La dépression est source de stress

Si un stress chronique peut entraîner un état dépressif, l’inverse est aussi très courant. En effet, beaucoup de personnes dépressives expliquent se sentir très souvent anxieuses ou stressées.

Ainsi, un stress chronique génère de la fatigue intense. Physiologiquement, le stress a des effets directs sur le cerveau et le rend hyperactif. Cette suractivité nécessite énormément d’énergie, ce qui à long terme crée de la fatigue chronique.

Comment gérer la fatigue liée à la dépression ?

Favoriser une meilleure qualité de sommeil

Pour ne plus ressentir une fatigue intense, il paraît essentiel de favoriser un sommeil de qualité. Dès lors, mettre en place de bonnes habitudes de sommeil impliquent la mise en oeuvre de pratiques quotidiennes :

  • manger des repas légers avant de dormir,
  • avoir des heures de coucher et de lever les plus réguliers possibles,  
  • limiter son temps d’écran avant de dormir,
  • éviter les substances excitantes comme l’alcool ou le café avant d’aller dormir.

Dès lors que votre sommeil s’améliorera, vous sentirez les bienfaits sur votre santé en général, notamment sur votre humeur, votre appétit et essentiellement sur votre fatigue.

Adopter une meilleure hygiène de vie

Si le sommeil est essentiel pour faire face à la fatigue chronique, nous avons vu ci-dessus que cela nécessitait la mise en place de pratiques spécifiques au quotidien. En effet, l’hygiène de vie a un rôle primordial dans le traitement des troubles du sommeil, mais elle peut également permettre de regagner de l’énergie autrement qu’en améliorant vos nuits.

Pratiquer une activité physique

Tout d’abord, faire de l’exercice physique régulièrement permet de réduire de manière conséquente la fatigue. S’il permet de favoriser le sommeil, il entraîne également la production de dopamine.

Ce neurotransmetteur, surnommé “hormone du bonheur”, favorise le bien-être et permet de gagner de l’énergie. Paradoxalement, une bonne séance de sport vous permettra de vous sentir revigoré et galvanisé pour le reste de la journée.

Adopter une meilleure alimentation

Certains aliments, comme les produits sucrés ou ceux contenant des glucides raffinés, entraînent une perte d’énergie sur le long terme car il n’apporte pas les bons nutriments à l’organisme.

Voici quelques aliments à privilégier :

  • Légumes verts : ils sont riches en magnésium et en fibre.
  • Fruits riches en vitamine C (orange, kiwi, pamplemousse…) : ils sont très efficaces pour renforcer le système immunitaire.
  • Oléagineux (noix, amandes…) : ils sont sources de protéines, de bonnes graisses et de magnésium.

Si ces aliments ont des vertus pour combattre la fatigue, il est très important de continuer à avoir une alimentation variée et équilibrée, en composant ses plats avec des féculents, des fibres et des protéines.

Faire de la méditation ou de la relaxation

Comme nous l’avons expliqué, la fatigue dépressive est parfois directement liée à un niveau de stress trop élevé. Ainsi, pratiquer des techniques de relaxation, permet de réduire ce stress et donc de diminuer cette fatigue chronique.

La méditation peut être faite seule ou dans des cours en groupe. Il existe plusieurs formes de méditation, et selon vos besoins, l’une d’entre elles vous correspondra. La plus connue est certainement la méditation de pleine conscience : elle consiste à porter son attention sur le moment présent, sans aucun jugement de valeur. Cela vous permet de vous détacher de toutes les pensées négatives qui vous tracassent et donc de vous soulager d’un stress constant qui peut être la cause de votre fatigue. Toutefois, peu importe le type de méditation que vous choisissez, le but est le même : réduire le stress et se libérer l’esprit.

La relaxation, quant à elle, permet de se ressourcer et de retrouver progressivement une sensation de bien-être. Il existe énormément de techniques de relaxation et il vous revient de choisir celle qui vous convient le mieux.

Voici quelques exemples de techniques de relaxation :

  • Les exercices de respiration,
  • Le yoga,
  • La sophrologie,
  • La cohérence cardiaque.

Conclusion

La fatigue chronique peut rapidement devenir un fléau si elle n’est pas comprise et traitée. En effet, les personnes souffrant de dépression, d’un syndrome de fatigue chronique ou d’une autre pathologie, expliquent s’isoler à cause de leur fatigue permanente, ne plus vouloir sortir et préférer rester chez elles et même parfois dans leur lit.

Si après avoir testé ces quelques solutions pour le traitement de votre fatigue chronique et que cette dernière ne faiblit pas, nous vous recommandons de consulter un professionnel de santé.

Dès lors, si votre fatigue est symptomatique d’une pathologie particulière, votre médecin saura vous conduire vers les traitements les plus adaptés. Dans le cas de la dépression, il existe des solutions médicamenteuses, ainsi que des thérapies qui pourront vous soulager de l'ensemble de vos symptômes.